Entrée de Chabbat : vendredi 12 novembre 2010 à 16h57
Sortie de Chabbat : samedi 13 novembre 2010 à 18h04
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vendredi 12 novembre 2010
Résumé Parachat Vayétsé
Yaakov quitte Béer Chéva pour se rendre à ‘Harane. En chemin, il s’arrête dans « le lieu » dont la Thora ne précise pas le nom et qui correspond au mont Moria (mont du Temple) et y dort. Il rêve d’une échelle plantée dans la terre et dont le sommet touche le ciel avec des anges qui y montent et descendent. D.ieu lui apparaît et lui promet que la terre sur laquelle il dort sera donnée à ses descendants. Le lendemain matin, Yaakov élève la pierre sur laquelle il a dormi en monument, comprenant que ce lieu témoigne de la résidence de D.ieu.
A ‘Harane, Yaakov reste et travaille pour son oncle Lavane en gardant ses troupeaux. Lavane accepte de lui donner pour épouse Ra’hel, sa plus jeune fille que Yaakov demande en mariage, en échange de sept années de travail. Le soir du mariage, Lavane trompe Yaakov en lui donnant Léa, l’aînée des deux sœurs (le Rabbi fait remarquer que nous pouvons en déduire que les deux sœurs se ressemblaient tellement physiquement qu’il était impossible de les distinguer. Ra’hel et Yaakov avait anticipé le piège et convenu de signes distinctifs. Mais comprenant qu’elle ne pourrait empêcher son père, Ra’hel transmit ces signes à sa sœur Léa pour qu’elle ne soit pas l’objet d’une honte infinie). Yaakov s’aperçoit du piège seulement le lendemain. Il peut épouser Ra’hel une semaine plus tard mais doit alors travailler sept années supplémentaires.
Léa donne naissance à six garçons : Réouven, Chimone, Lévi, Yéhouda, Issa’har, Zévouloune, et une fille Dinah alors que Ra’hel reste stérile. Ra’hel décide alors de donner à son mari pour épouse sa servante, Bil-ah, afin qu’elle lui donne des enfants et qu’elle puisse à son tour concevoir. Bil-ah donne naissance à deux garçons : Dan et Naphtali. Léa à son tour donne sa servante Zilpah pour épouse et cette dernière met au monde Gad et Acher. Finalement, la prière de Ra’hel est exaucée et elle donne naissance à Yosseph.
Yaakov, après 14 années de travail, aspire à rentrer chez lui mais Lavane le persuade de rester, lui offrant de le payer par une partie du troupeau en échange de son travail. Yaakov prospère, malgré les tentatives répétées de Lavane de le tromper. Après six années supplémentaires, Yaakov quitte Lavane dans l’en informer, le soupçonnant retenir sa famille et ses biens. Lavane poursuit et rattrape Yaakov mais ne peut lui faire de mal, empêché par D.ieu qui lui interdit, dans un rêve, de le faire. Yaakov et Lavane concluent un pacte sur la montagne de Gal-ed où un monument de pierre est élevé en témoignage. Yaakov retourne alors en terre promise où il est accueilli par des anges.
A ‘Harane, Yaakov reste et travaille pour son oncle Lavane en gardant ses troupeaux. Lavane accepte de lui donner pour épouse Ra’hel, sa plus jeune fille que Yaakov demande en mariage, en échange de sept années de travail. Le soir du mariage, Lavane trompe Yaakov en lui donnant Léa, l’aînée des deux sœurs (le Rabbi fait remarquer que nous pouvons en déduire que les deux sœurs se ressemblaient tellement physiquement qu’il était impossible de les distinguer. Ra’hel et Yaakov avait anticipé le piège et convenu de signes distinctifs. Mais comprenant qu’elle ne pourrait empêcher son père, Ra’hel transmit ces signes à sa sœur Léa pour qu’elle ne soit pas l’objet d’une honte infinie). Yaakov s’aperçoit du piège seulement le lendemain. Il peut épouser Ra’hel une semaine plus tard mais doit alors travailler sept années supplémentaires.
Léa donne naissance à six garçons : Réouven, Chimone, Lévi, Yéhouda, Issa’har, Zévouloune, et une fille Dinah alors que Ra’hel reste stérile. Ra’hel décide alors de donner à son mari pour épouse sa servante, Bil-ah, afin qu’elle lui donne des enfants et qu’elle puisse à son tour concevoir. Bil-ah donne naissance à deux garçons : Dan et Naphtali. Léa à son tour donne sa servante Zilpah pour épouse et cette dernière met au monde Gad et Acher. Finalement, la prière de Ra’hel est exaucée et elle donne naissance à Yosseph.
Yaakov, après 14 années de travail, aspire à rentrer chez lui mais Lavane le persuade de rester, lui offrant de le payer par une partie du troupeau en échange de son travail. Yaakov prospère, malgré les tentatives répétées de Lavane de le tromper. Après six années supplémentaires, Yaakov quitte Lavane dans l’en informer, le soupçonnant retenir sa famille et ses biens. Lavane poursuit et rattrape Yaakov mais ne peut lui faire de mal, empêché par D.ieu qui lui interdit, dans un rêve, de le faire. Yaakov et Lavane concluent un pacte sur la montagne de Gal-ed où un monument de pierre est élevé en témoignage. Yaakov retourne alors en terre promise où il est accueilli par des anges.
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Vayétsé : le départ de l'âme
« Yaakov est sorti de Béer Chéva et il est allé à ‘Harane ». La formulation de ce premier verset de la paracha est étonnante. Nous savons, depuis la paracha de la semaine dernière, que Yaakov résidait à Béer Chéva lorsqu’il a subtilisé sa bénédiction à son frère Essav et qu’il a dû fuir sa vengeance vers ‘Harane. Par conséquent, pourquoi ne pas dire tout simplement « Yaakov est allé à ‘Harane » ? Pourquoi avoir répété « Yaakov est sorti de Béer Chéva » ? A cette question, Rachi répond : « cela nous apprend que le départ d’un Juste d’un lieu fait grand bruit. Car lorsque le Juste est dans la ville, il est toute sa gloire, toute sa splendeur, toute sa majesté. Et lorsqu’il la quitte, sa gloire disparaît, sa splendeur disparaît, sa majesté disparaît. »
Une question apparaît cependant. Puisque Its’hak et Rivka sont restés à ‘Harane, comment peut-on parler du départ « du juste de la ville » ? C’est pourquoi Rachi fait emploi les trois termes « gloire » (en hébreu « hoda »), splendeur (« ziva »), et majesté (« hadara »). Car en hébreu, ces termes désignent le juste non pas dans sa dimension intrinsèque, mais dans sa capacité à rayonner et à porter son influence positive sur ceux et celles qui l’entourent. Or, nous savons qu’Ist’hak avait déjà atteint un âge avancé et qu’il avait pratiquement perdu la vue. De ce fait, il avait certes une élévation spirituelle extraordinaire mais il lui était devenu impossible de se déplacer. Il en résulte que Rivka, son épouse, devait rester auprès de lui et était elle aussi dans l’impossibilité d’avoir une action significative autour d’elle. Seul restait Yaakov et son départ laissa donc un vide.
Cependant, par ce commentaire, Rachi répond aussi à une question d’ordre ésotérique. Car le Or Ha’haïm nous apprend que ce verset peut être lu comme une métaphore de la descente de l’âme. En effet, l’âme, symbolisée par Yaakov, quitte sa source spirituelle, Béer Chéva, qui signifie littéralement le « puit du serment ». Et elle descend dans ce monde, représenté par ‘Harane, de la racine hébraïque « Harone », la colère, car le mal présent ici bas provoque la colère de D.ieu. Cependant, cette chute a pour finalité d’exprimer le potentiel le plus élevé de l’âme de sorte qu’elle atteigne un niveau encore plus élevé que celui de sa source. La question devient : pourquoi tant insister sur le fait que l’âme quitte sa source (« Yaakov est sorti de Béer Chéva ») ? Le plus significatif est plutôt sa destination, « ‘Harane », au sens où malgré sa descente dans un niveau très bas, l’âme est capable de prendre le dessus et de réaliser la volonté de son Créateur ! A cela, Rachi répond que l’âme, lorsqu’elle est encore dans sa source (le juste dans sa ville), est « toute sa gloire, toute sa splendeur, toute sa majesté ». En d’autres termes, l’âme connaît alors une unité parfaite et absolue avec D.ieu. Ainsi, le fait même de quitter ce niveau représente pour elle un sacrifice infini car « sa gloire disparaît, sa splendeur disparaît, sa majesté disparaît ». Rachi veut donc là nous signifier que ce sacrifice en lui-même, avec pour seul intention de réaliser la volonté de D.ieu, vaut à l’âme l’assurance qu’elle pourra mener à bien sa mission dans ce monde.
Une question apparaît cependant. Puisque Its’hak et Rivka sont restés à ‘Harane, comment peut-on parler du départ « du juste de la ville » ? C’est pourquoi Rachi fait emploi les trois termes « gloire » (en hébreu « hoda »), splendeur (« ziva »), et majesté (« hadara »). Car en hébreu, ces termes désignent le juste non pas dans sa dimension intrinsèque, mais dans sa capacité à rayonner et à porter son influence positive sur ceux et celles qui l’entourent. Or, nous savons qu’Ist’hak avait déjà atteint un âge avancé et qu’il avait pratiquement perdu la vue. De ce fait, il avait certes une élévation spirituelle extraordinaire mais il lui était devenu impossible de se déplacer. Il en résulte que Rivka, son épouse, devait rester auprès de lui et était elle aussi dans l’impossibilité d’avoir une action significative autour d’elle. Seul restait Yaakov et son départ laissa donc un vide.
Cependant, par ce commentaire, Rachi répond aussi à une question d’ordre ésotérique. Car le Or Ha’haïm nous apprend que ce verset peut être lu comme une métaphore de la descente de l’âme. En effet, l’âme, symbolisée par Yaakov, quitte sa source spirituelle, Béer Chéva, qui signifie littéralement le « puit du serment ». Et elle descend dans ce monde, représenté par ‘Harane, de la racine hébraïque « Harone », la colère, car le mal présent ici bas provoque la colère de D.ieu. Cependant, cette chute a pour finalité d’exprimer le potentiel le plus élevé de l’âme de sorte qu’elle atteigne un niveau encore plus élevé que celui de sa source. La question devient : pourquoi tant insister sur le fait que l’âme quitte sa source (« Yaakov est sorti de Béer Chéva ») ? Le plus significatif est plutôt sa destination, « ‘Harane », au sens où malgré sa descente dans un niveau très bas, l’âme est capable de prendre le dessus et de réaliser la volonté de son Créateur ! A cela, Rachi répond que l’âme, lorsqu’elle est encore dans sa source (le juste dans sa ville), est « toute sa gloire, toute sa splendeur, toute sa majesté ». En d’autres termes, l’âme connaît alors une unité parfaite et absolue avec D.ieu. Ainsi, le fait même de quitter ce niveau représente pour elle un sacrifice infini car « sa gloire disparaît, sa splendeur disparaît, sa majesté disparaît ». Rachi veut donc là nous signifier que ce sacrifice en lui-même, avec pour seul intention de réaliser la volonté de D.ieu, vaut à l’âme l’assurance qu’elle pourra mener à bien sa mission dans ce monde.
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