Affichage des articles dont le libellé est Nitsavim. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nitsavim. Afficher tous les articles

jeudi 2 septembre 2010

Nitsavim : une analyse de la Téchouva

Nos sages ont institué le calendrier de lecture hebdomadaire de la Thora de sorte que la paracha « Nitsavim » est toujours lue (parfois, conjointement avec la section de Vayélekh) le chabbat précédant le jour de Roch Hachana. De fait, nous trouvons de nombreux points de correspondance avec le premier jour de l'année juive, jour du jugement.
En particulier, nous trouvons dans notre paracha un verset considéré par de nombreux décisionnaires comme le fondement du devoir de « Téchouva », »repentir », ou plus exactement « retour » (à D.ieu). Moïse, s'adressant au peuple juif, dit: « tu reviendras vers l'Eternel ton D.ieu et tu écouteras Sa voix, conformément à tout ce que je t'ordonne aujourd’hui...de tout ton coeur et de toute ton âme. »
Dans son « Epître sur la téchouva », Rabbi Chnéour Zalman insiste d'abord sur le fait que la téchouva ne se définit pas par le fait de jeûner ou de s'infliger des souffrances. Puis, s'appuyant sur ce verset, il définit la Téchouva comme « l'abandon de la faute », c'est-à-dire « que l'on décide dans son coeur, d'un coeur entier, de ne pas réitérer la faute, à savoir se révolter contre Sa royauté, et que l'on ne transgresse plus le commandement du Roi (D.ieu), qu'il s'agisse des commandements positifs ou des commandements négatifs. » C'est donc le sens des expressions « tu écouteras Sa voix » (décision) et « conformément à tout ce que je t'ordonne » (référence à tous les commandements).
Néanmoins, cette définition semble étonnante. En effet, il semblerait naturel de définir « l'abandon de la faute » comme la décision de ne plus réitérer la faute commise elle seule. Pourquoi demander à celui qui revient à D.ieu de reformuler son acceptation de tous les commandements, positifs et négatifs?
La réponse à cette question se fonde sur la définition du commandement. Car dans un commandement, il y a deux dimensions. Il y a d'une part la volonté de D.ieu qui est globale et commune à tous les commandements: D.ieu souhaite, de manière globale, que nous respections sa volonté. Et d'autre part, il y a une volonté particulière, spécifique à chaque commandement, qui est lié à l'objectif et à la finalité de chaque commandement. On pourrait donner l'exemple d'un père qui souhaite que son fils respecte sa volonté, et qui, en particulier, lui demande de ne pas jouer avec des allumettes. Lorsque le fils joue avec ces allumettes et se brûle, il s'est passé deux choses. D'une part, il n'a pas respecté la volonté globale de son père. Et d'autre part, il a contrevenu à la volonté particulière de ne pas jouer avec le feu et cela a eu des conséquences: il s'est brûlé.
D'après Rabbi Chnéour Zalman, la téchouva vient réparer la première brisure, celle de la volonté globale et générale de D.ieu, qui est absolue et monolithique. C'est pourquoi l'acceptation à nouveau de la volonté divine doit être globale et doit concerner tous les commandements. Par contre, la réparation des conséquences négatives de la faute sur l'âme de l'individu est faite par la « Kappara », mot qui signifie littéralement « effacer », car elle permet d'effacer les traces de la faute. C'est la finalité du jour de Yom Kippour, dont l'élévation spirituelle exceptionnelle révèle le niveau de l'âme attaché à l'infini de D.ieu et par rapport auquel toutes les fautes s'effacent.

jeudi 25 septembre 2008

Résumé Parachat Nitsavim

Dans la paracha de Nitsavim, Moïse continue de s'adresser à son peuple et rappelle des principes fondamentaux de la foi juive:

· L’unité du peuple juif : « vous vous tenez tous debout (« Nitsavim ») aujourd’hui devant l’Eternel votre D.ieu, vos chefs de tribus, vos anciens, vos officiers, chaque homme d’Israël, vos enfants, vos femmes, et l’étranger qui est dans ton camp : depuis le bûcheron jusqu’au puiseur d’eau. »

· La Rédemption future : Moïse avertit que l’exil et la désolation s’abattront sur le peuple s’il abandonne les commandements de D.ieu mais prophétise que, quoiqu’il arrive, à la fin des temps, « tu reviendras à l’Eternel ton D.ieu…même si ton exil sera à l’extrémité des cieux, de là bas, D.ieu te rassemblera … et t’amènera à la Terre dont tes ancêtres ont hérité. »

· L’applicabilité de la Thora : « Car le Commandement que Je te demande d’accomplir ce jour, ne te dépasse pas et n’est pas éloigné de toi. Il n’est pas dans le ciel … ni au delà de la mer. Au contraire, cela est très proche de toi par la bouche et par le cœur, de le réaliser. »

· Le libre arbitre : D.ieu dit : « J’ai placé devant toi la Vie et le Bien, et la Mort et le Mal ; [le Bien] ce que Je te demande aujourd’hui d’aimer D.ieu, de marcher dans Ses chemins et de garder Ses commandements. La Vie et la Mort J’ai placé devant toi et tu choisiras la Vie… »

Nitsavim : Libre arbitre et téchouva

Dans le verset de la section de Nitsavim qui rappelle le libre arbitre laissé à l’homme, une expression appelle réflexion. Après avoir présenté l’alternative laissée à l’homme : « J’ai placé devant toi la Vie et le Bien, et la Mort et le Mal… », D.ieu conclut en disant « et tu choisiras la Vie afin que tu vives toi et ta descendance ». Les commentateurs apportent plusieurs interprétations de la fin de ce verset : « et tu choisiras la Vie. »
  1. Le sens du Commandement : du point de vue du sens littéral, en hébreu Biblique, le futur est employé pour exprimer l’impératif (qui est un mode de conjugaison qui n’existe pas dans tous les cas de déclinaison). Il s’agit donc ici d’une Mitsva : D.ieu nous demande de choisir le Bien.
  2. Le sens du Conseil : D.ieu, tel un père qui souhaite guider son fils, nous conseille de choisir le Bien, et la fin du verset peut être comprise dans ce sens : « je te conseille de choisir le bien car de cette manière, tu vivras toi et ta descendance. »
En fait, il existe un troisième sens, encore plus profond, de cet emploi du futur, c’est celui de la promesse. D.ieu nous promet que finalement, nous choisirons le Bien. Comment cela est-il possible ? Le propos n’est pas ici de traiter la question classique de la contradiction apparente entre le libre arbitre et l’omniscience de D.ieu. La question est plus « simple » : comme D.ieu pourrait-Il promettre que nous choisirons le Bien ?

La pensée hassidique explique cette question en mettant l’accent sur la vision humaniste que la Thora a de l’homme. En effet, pour la Thora, et plus particulièrement dans la perspective hassidique, le Bien et le Mal ne sont pas symétriques l’un de l’autre. L’être humain a une nature profonde et intrinsèquement bonne. Cependant, le Mal apparaît du fait que cette nature positive subit un voilement intrinsèque à la notion de création et c’est cela qui ouvre la possibilité de faire le mal qui s’oppose à la volonté de faire le Bien. C’est la raison pour laquelle D.ieu peut assurer que finalement, nous choisirons le Bien car c’est là notre nature profonde qui surgira tôt ou tard.

Cette explication nous amène au sens authentique du mot « Téchouva » qui est traduit à tort par « repentir » et qui veut dire en fait « retour ». Car le repentir signifie un changement de la personne. « Retour » signifie revenir à ce que l’on est profondément, prendre conscience de cette volonté intrinsèque de faire le Bien qui était déjà en nous avant même de fauter et à laquelle il faut revenir.