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jeudi 14 octobre 2010

Résumé Parachat Lekh Lékha

D.ieu s’adresse à Avram et lui demande « Quitte ta terre, ton lieu de naissance, et la maison de ton père vers la terre que Je te montrerai. » Là bas, lui dit D.ieu, il deviendra une grande nation. Avram, avec sa femme Saraï et son neveu Lot, voyage vers la terre de Canaan où il construit un autel et continue à diffuser le message du monothéisme.

La famine force Avram a quitter la terre de Canaan pour l’Egypte. Remarquée pour sa beauté, Saraï est emmenée au palais du Pharaon où Avram échappe à la mort en la présentant comme sa sœur. Mais une maladie frappe le Pharaon et l’empêche de toucher Saraï, le contraignant à remettre Saraï à Avram qui s’avère être son mari. Le Pharaon, pour réparer le préjudice, offre à Avram de l’or, de l’argent, et du bétail.

De retour en terre de Canaan, Lot se sépare d’Avram pour s’installer dans la ville corrompue de Sodome. A la suite d’une guerre perdue par le roi de Sodome devant Kédorlaomer et ses alliés, Lot est fait prisonnier. Avram réunit une petite légion, défait Kédorlaomer et libère son neveu. Avram est béni pour cette action par Malki Tsédek roi de Salem (Jérusalem).

D.ieu contracte avec Avram « l’alliance des morceaux » dans laquelle Il lui annonce que sa descendance sera asservie, puis libérée pour hériter de la Terre Promise.

Toujours sans enfant après dix années de mariage, Saraï demande à Avram d’épouser Hagar sa servante. Hagar conçoit immédiatement un enfant, en retire insolence envers Saraï, et fuit devant le réaction sévère de Saraï. Un ange apparaît alors à Hagar et la convainc de retourner sous l’autorité de Saraï. Cet ange lui annonce aussi que le fils qu’elle va mettre au monde sera le père d’une nation nombreuse. Ishmaël naît alors qu’Avram est âgé de 86 ans.
Treize ans plus tard, D.ieu change le nom d’Avram en Avraham (« père d’une multitude ») et celui de Saraï en Sarah (« princesse ») et leur promet qu’ils auront un enfant. De cet enfant, qu’ils appelleront Its’hak (« il rira » ) naîtra une grande nation avec laquelle D.ieu perpétuera l’alliance d’Avraham. D.ieu donne à Avraham le commandement de la circoncision pour lui et sa descendance comme « signe de l’alliance entre Moi et toi. »

Lekh Lékha : Au delà de soi.

Une partie considérable du livre de la Genèse est consacrée à la vie d'Abraham, le premier juif. Curieusement, cependant, nous rencontrons Abraham plutôt tard dans sa vie : le premier événement de sa vie décrit en détail par la Torah, dans notre sidra, s'est produit alors il avait 75 ans. Pourtant, à ce moment-là, Abraham pouvait être fier d’une vie pleine de réalisations sans précédent. Encore enfant en bas âge, son esprit a discerné la vérité qui se cache derrière le fonctionnement de l'univers, et il est parvenu à reconnaître le D.ieu unique. Il s’est opposé seul au monde entier, contre le paganisme de son temps, allant jusqu’à être jeté dans une fournaise de feu par le dictateur de l’époque qui s’était érigé en divinité. Pourquoi donc la Thora passe-t-elle sous silence ces événements, les laissant dans le domaine de la Tradition Orale ?

Cet événement par lequel la Thora « commence » le récit de la vie d’Abraham est un appel. D.ieu lui demande : « Quitte ta terre, ton lieu de naissance, et la maison de ton père vers la terre que Je te montrerai. » Nous y trouvons, en allusion, les trois dimensions qui forment la personnalité d’un individu :

1. L’inné : ce sont les traits de caractères dont nous sommes dotés depuis la naissance. C’est le symbole de « ta terre », car le mot hébreu « Erets », la Terre, se rapproche du mot « Ratsone » qui signifie la volonté dans sa dimension la plus profonde.

2. L’éducatif : c’est ce dont nous avons hérité de par l’éducation de nos parents, de la société qui nous entoure. C’est le « lieu de naissance » qui symbolise, au-delà de la dimension géographique, la société dans laquelle nous naissons.

3. L’acquis : l’être humain a été doté par D.ieu d’un intellect qui lui permet d’exercer un jugement et un choix et de se travailler pour tendre vers la perfection telle qu’il la conçoit. C’est le sens de « la maison de ton père » car le père symbolise la raison (la mère symbolisant l’affect) qui nous permet d’exercer ce libre choix.


Or, D.ieu, dans son appel, demande à Abraham de quitter ces trois dimensions pour rejoindre une perfection qu’il n’a jamais connue. En d’autres termes, cet appel nous apprend que pour le judaïsme, la perfection atteinte par ses propres moyens, innés ou acquis, n’est pas la perfection finale. Et de surcroît, ces qualités dont nous sommes dotés, parce que de nature humaine, sont sujettes à l’erreur. Par conséquent, le judaïsme pose comme principe fondamental le caractère limité de toute perfection humaine. Et c’est pourquoi la Thora place en tout premier lieu cet appel à quitter, à nous extraire, en permanence, de ce qui constitue nos limites pour les repousser plus loin. Et la dimension de l’individu qui lui permet justement de dépasser ses propres limites, est ce que le judaïsme appelle « l’âme divine » : c’est la part de divin dont le dévoilement est bien l’ultime perfection.