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jeudi 25 novembre 2010

Résumé Parachat Vayéchev

Yaakov s'installe à 'Hevron avec ses douze fils. Yossef, âgé de 17 ans, est son préféré. Yaakov lui confectionne une tunique particulière multicolore et cette préférence suscite la jalousie de ses frères. Yossef raconte à ses frères deux rêves qui présagent qu'il règnera un jour sur ses frères, accentuant par là leur jalousie et leur haine.

Un jour, Yaakov envoie Yossef prendre des nouvelles de ses frères qui font paître les troupeaux. Le voyant arriver, Shimone et Lévi envisagent de le tuer mais Réouven les en empêche et propose des le jeter dans une fosse avec l'intention de revenir le sauver. Pendant l'absence de Réouven, Yéhouda propose de le vendre à une cravane de commerçants ismaëlites. Après lui avoir envlevé sa tunique, il est vendu. Ses frères trempent sa tunique dans du sang de chevrau et la ramène à Yaakov qui pense que son fils a été déchiqueté par une bête sauvage.

Yéhouda se marie et a trois fils. Le premier, Er, meurt jeune et sans enfants. Sa femme, Tamar, se remarie avec le deuxième fils de Yéhouda, Onane, selon l'usage du Lévirat. Onane, ne voulant pas avoir d'enfant (l'usage du lévirat veut que les enfants soit affiliés au premier mari de leur mère), répand sa semence lors de ses rapports conjugaux. Il meurt lui aussi. Yéhouda ne veut pas un deuxième lévirat avec son troisième fils (Chélah) et temporise. Tamar, qui aspire très fortement à avoir une desendance de la famille de Yéhouda, se déguise en prostituée et séduit Yéhouda lui même (qui avait perdu son épouse depuis peu). Tamar tombe enceinte suite à ce rapport et Yéhouda, en l'apprenant, la condamne à mort pour adultère (une femme en attente de lévirat a le statut de femme mariée). Tamar , refusant de dénoncer Yéhouda, exhibe cependant des objets qu'il lui a laissé en gage de paiement et affirme que le père de cet enfant est le propriétaire de ces objets. Yéhouda reconnaît alors qu'il est le père. Tamar met au monde deux jumaux : Perets (ancêtre du roi David) et Zéra'h.

Yosseph et amené en Egypte et vendu à Potiphar, ministre des abattoirs du Paharon. D.ieu accorde bénédiction et réussite à toutes ses entreprises et il devient rapidement l'intendant de toutes les affaires de son maître et la femme de Potiphar tente de le séduire. Yosseph refusant ses avances, elle dit à son mari que l'esclave juif a tenté de la violenter. Yosseph est alors jeté en prison. Là aussi, il suscite l'admiration de ses geoliers et l'administration pénitencière lui confie des responsabilités. Il rencontre l'échanson (ministre des vins) et le boulanger en chef du Paharaon qui ont été jetés en prison pour offense au roi. Ceux-ci sont troublés par des rêves qu'ils ont fait. Yosseph interprète ces deux rêves. Il leur annonce que dans trois jours, le boulanger sera condamné a mort et l'échanson réhabilité à son poste. Il demande à l'échanson d'intercéder au Pharaon pour obtenir sa libération. Les prédictions de Yosseph se réalisent mais l'échanson oublie Yosseph et ne fait rien pour lui.

Vayéchev : deux niveaux de réussite

Dans la paracha de cette semaine, le texte nous relate comment Yosseph, vendu par ses frères, perd la liberté. Par la suite, deux périodes se succèdent : la première, durant laquelle Yosseph est l’esclave de Potiphar et la seconde, où Yosseph est jeté en prison àla suite des accusations de la femme de Potiphar. A chaque fois, Yosseph se voit confier des responsabilités et la Thora atteste de sa réussite exceptionnelle. Cependant, on peut remarquer une différence de formulation de cette réussite entre les deux passages:

* Alors qu’il est esclave, le texte (Genèse, 39:3) rapporte que «tout ce qu’il [Yosseph] faisait, D.ieu le faisait réussir dans sa main.» Par contre, lorsqu’il est le second du chef de la prison, le texte (Genèse, 39:23) nous dit seulement : «ce qu’il faisait, D.ieu le faisait réussir».

* Concernant l’époque de Potiphar, la Thora introduit sa description en nous disant : «Yosseph fut un homme qui réussit («Ich Matslia’h ») et nous ne retrouvons pas cette expression pour le passage en prison.

Pour expliquer ces différences, il faut distinguer deux niveaux de réussite. En effet, de manière générale, nous savons que le judaïsme demande à l’homme qui souhaite entreprendre un projet ou surmonter un obstacle de concilier deux approches antagonistes. D’une part, il doit faire tous les efforts exigés par la situation pour obtenir le succès souhaité. D’autre part, il doit rester conscient qu’il ne fait que mettre en place dans ce monde les conditions nécessaires à la réalisation de la bénédiction divine qui est essentielle. Il y a alors deux formes possibles de réalisation pour cette bénédiction. Soit la bénédiction laisse néanmoins apparaître les traces de l’effort de l’homme. Soit la bénédiction apporte une réussite tellement exceptionnelle que l’action individuelle disparaît pour ne laisser éclater que la lumière divine. La forme de réalisation dépend alors du degré de conscience de l’individu et de sa capacité à garder l’humilité. Et nous retrouvons ces deux degrés de réussite dans les deux périodes de la vie de Yosseph relatées dans notre sidra. Lorsque Yosseph était l’esclave de Potiphar, il avait gardé une certaine existence propre qui se traduisait par sa liberté de travailler. Il avait donc conscience de l’aide de D.ieu mais son effort restait apparent : il était un«homme qui réussit », et D.ieu faisait réussir«sa main ». Alors que prisonnier, il était complètement privé de sa liberté et cette épreuve l’amena à un degré de conscience où il s’efface complètement devant D.ieu. C’est pourquoi le texte dit simplement «ce qu’il faisait, D.ieu le faisait réussir.»